La banlieue Rose
La banlieue Rose
Venise, la ville de l’amour du romantisme et de la luxure est en banlieue parisienne.
Série photographique explorant des couples français dans une réplique de la la serenissime.
Un amour peut-il se révéler encore plus authentique dans un lieu inspiré de la ville de l’amour, même s’il n’en est qu’un reflet ?
Ici, la ville est une reconstitution. Les habitants s’y déplacent dans un cadre harmonieux, apaissé et idéalisé. Chaque détail ou forme architectural nous rapelle un souvenir de voyage. Porté par l’idée d’un ailleurs plus agréable et accessible.
Les résidents vivront des émotions authentiques et construiront des souvenirs vivant dans un environnement theatral, traditionnellement dédié a la comedie ou la dramaturgie.
Habiter Venise sans les touristes, sans les paquebots, sans pagodes ni mariages de milliardaires… Et accessible en tramway, le rêve ?!
Ces nouvelles habitations ont une ambition claire : rompre avec l’image austère des grandes tours, faire du beau sans faire exploser les coûts. Pourquoi les classes populaires n’auraient-elles pas droit, elles aussi, à la beauté ? La beauté serait-elle un privilège réservé aux élites ? Une affaire de goût, de culture, de « sensibilité » dont seuls les milieux aisés seraient dotés ?
Pourtant, aujourd’hui, les plus précaires accèdent aux nouvelles technologies, ils voyagent et prennent l’avion. Ils consomment les signes extérieurs du luxe sans toujours en posséder la substance. Mais qu’importe : nous vivons dans un monde de l’apparence. Les diamants peuvent être faux, tant qu’ils brillent.
Mais l’esthétique est politique. Un maire de droite ne construit pas comme un maire de gauche. Dans des villes comme Le Plessis-Robinson ou Clamart, on tourne le dos à l’héritage de la banlieue rouge, pour imposer une nouvelle vision, plus classique, plus conservatrice. On rêve d’ancien, de la belle époque, du Second Empire, du classicisme, des colonnes, des frontons, de vieille pierre qui raconte l’Histoire. Comme si cela permettait de retrouver un certain ordre, une certaine grandeur.
Parce que de loin, tout scintille.